Selon les « Bases Physiologiques de l’Ostéopathie » de Irvin M.Korr
Dans ce présent article de vais m’appuyer sur des passages de cet ouvrage. Étant assez détaillé et riche de vocabulaire propre au monde médical je vais vous en faire un premier résumé avant de vous proposer le texte brut, pour ceux qui voudront comprendre les mécanismes et aller plus loin dans les explications.
🧠 L’influence du système nerveux sur notre santé – l’approche ostéopathique
Notre corps fonctionne grâce à un équilibre très fin entre le cerveau, les nerfs, les muscles et les organes. Quand cet équilibre est rompu, des tensions ou des blocages peuvent apparaître : c’est ce qu’on appelle, en ostéopathie, une « lésion ostéopathique ».
🔁 Un cercle vicieux peut alors s’installer : un nerf trop stimulé ou au contraire pas assez actif va perturber le fonctionnement des muscles ou des organes qu’il contrôle. Cela peut provoquer :
* des tensions musculaires chroniques,
* des troubles digestifs,
* de la fatigue,
* ou des douleurs diffuses.
👐 Le rôle de l’ostéopathe, c’est d’intervenir pour briser ce cercle vicieux. Par des manipulations douces, on aide le corps à relâcher ses tensions, à retrouver une meilleure posture et à rééquilibrer son système nerveux.
Mais ce n’est pas tout. Le corps et l’esprit étant intimement liés, le stress, les émotions ou l’environnement de vie peuvent aussi jouer un rôle important dans l’apparition ou le maintien de ces blocages. L’ostéopathe prend donc en compte la personne dans sa globalité, pas seulement ses symptômes.
🧩 En résumé, l’ostéopathie considère que :
* les blocages ne sont pas forcément la cause unique d’un problème,
* ils peuvent être la manifestation d’un déséquilibre plus profond (physique, émotionnel, postural…),
* et c’est en agissant sur l’ensemble de la personne que l’on aide vraiment à aller mieux.
Fischer :
« La chirurgie enlève la pathologie, elle ne l’a guérit pas… de même pour les médicaments qu’il limitent les symptômes sans guérir la maladie. Il n’y a aucun agent extérieur qui guérisse la maladie; la guérison vient de l’intérieur, elle vient du rétablissement des structures qui sont hors d’usage. »
L’origine nerveuse de la lésion ostéopathique :
L’activité des organes et cellules est directement déterminée par l’activité de leurs nerfs moteurs. Le degré de contractions est proportionnel au nombre de neurones moteurs en action et au nombre moyen d’influx par secondes conduits par le muscles.
Ainsi une sur-activité ou une sous-activité chronique des nerfs efférents peut donc entraîner des perturbations fonctionnelle dans les tissus ou organes qu’ils innervent.
Effet secondaires d’un déséquilibre neurologique.
Une sur-activité prolongée d’une muscle peut provoquer le développement d’une fibrose et ainsi causer des modifications chimique et métaboliques majeures.
Une sous-activité quant à elle peut causer une atrophie.
Une sur activité des fibres sympathiques contrôlant les artérioles peut provoquer une anoxie locale, un état inflammatoire des tissus, une altération de la perméabilité capillaire, un œdème…
De même une perturbation des neurones efférents contrôlant les muscles lisses du tube digestif peuvent entrainer une atonie, spasme viscéral avec toutes les conséquences que cela peut avoir sur la digestion et l’absorption.
—> L’activité d’un organe est conditionnée par l’activité des neurones qui l’innervent.
En s’avançant un peu plus loin : une lésion ostéopathique correspond à un segment médullaire facilité, maintenu dans cet état par des influx d’origine endogène qui parviennent à la moelle par la racine dorsale correspondantes. Par conséquent, toutes les structures qui sont sous le contrôle des fibres efférentes de ce segment sont potentiellement exposées à une excitation ou à une inhibition excessive.
Cette facilitation d’un segment médullaire englobant les voies sympathiques peuvent donc aboutir à une sympathicotonie susceptible d’entrainer une pathologie viscérale.
La relaxation des muscles par manipulation peut briser ce cercle vicieux en diminuant la fréquence de décharge des propriocepteurs. De même grâce à une rééquilibration manipulatrice du squelette et grâce à un réajustement de la posture, la cause originelle du stress, la tension excessive des muscles, tendons et ligaments, peut être éliminée.
Hypothèse :
Toute structure en rapport métamérique avec le segment médullaire affecté peut créer ou maintenir un état lésionnel. En fait, toute source d’afférentes, peut exercer une influence à travers le réseau des neurones d’association.
Il est donc très important de se souvenir que les neurones efférents représentent des voies communes finales, ces voies étant elles-mêmes le point d’aboutissement d’une foule d’influx de toutes sortes qui s’ajoutent aux influx provenant de l’appareil locomoteur.
Par conséquent, on peut en déduire que les troubles articulaires – ou les lésions ostéopathiques – ne peuvent pas être considérés comme une cause ultime des maladies; ils représentent plutôt l’un des nombreux facteurs étiologiques qui opèrent simultanément dans l’établissement d’un processus pathologique. La lésion ostéopathique est l’un des facteurs les plus importants, elle sensibilise un segment de la moelle, affaiblit ses barrières de protection et facilite. Elle ne provoque pas nécessairement de symptômes, et même lorsqu’elle est silencieuse sur le plan symptomatique, on peut la découvrir.
Un autre phénomène est au moins aussi important: ces influx descendants peuvent exacerber l’état de la facilitation et aggraver ses répercussions sur les organes innervés à partir du segment médullaire facilité; ils peuvent en outre provoquer ou intensifier la douleur et rendre la lésion ostéopathique moins réceptive aux manipulations. Ne traiter que la source afférente, mécanique, c’est traiter à moitié, négliger une partie très importante de l’étiologie de la lésion et sortir la lésion de son contexte. Cela ne veut pas dire, bien sûr, que chaque ostéopathe devrait devenir psychiatre, mais qu’il doit prendre en considération l’environnement, les facteurs affectifs, les tensions etc. du patient.
Vers un concept unitaire de la maladie
l’élément somatique présent dans toute maladie et dont les caractéristiques les plus frappantes sont la contraction musculaire prolongée (rigidité, spasme, contracture), les phénomènes sensitifs (douleur, hyper esthésie) et les phénomènes vasomoteurs n’est pas seulement un signe ou un symptôme de la maladie, mais aussi un facteur majeur contribuant à la maladie elle-même. L’élément somatique peut aussi être un facteur étiologique primaire.
Un autre domaine qui porte son intérêt sur le système nerveux, en particulier à l’encéphale, en tant qu’organisateur de la maladie et même en tant que facteur étiologique primaire dans la maladie. Il s’agit de la médecine psycho-somatique.
Korr a attribué à la lésion ostéopathique une influence localisante, canalisante et prédisposante dans l’expression corporelle des déséquilibres mentaux et émotifs.
Pour une approche des processus pathologiques
On concevrait dès lors la maladie non plus comme étant l’effet de tel agent sur tel organe, mais plutôt comme une réaction de l’organisme tout entier a des influences nuisibles.
La maladie est la réponse de l’individu au stimulus de l’argent pathogène. Certains y réagissent, d’autres non, et il y a une grande variété d’expression entre ces deux états. Nos réactions sont déterminée davantage par notre nature propre que par celle de l’agent pathogène.
De notre point de vu ostéopathique, notre fonction est de comprendre les réactions des êtres humains !
La manipulation est l’une des meilleures modalités thérapeutiques disponibles de nos jours, qui soit capable d’orienter dans une direction favorable les différents types de réactions aux stimuli nuisibles, donc, de rendre l’homme moins vulnérable.
Cependant, elle doit être uniquement considérée comme l’un des éléments de la thérapie ostéopathique, puisque ce sont tous les aspects de la vie de l’individu qui déterminent et conditionnent ses réactions. Par conséquent, l’ostéopathie n’est pas seulement une forme de thérapie, mais aussi une philosophie très ouverte, un guide de pensée et d’action face aux problèmes de santé et de maladie.

